Influenzavirus A

Les influenzavirus A sont des Orthomixoviridae composés d’une enveloppe (ou capside) renfermant 8 brins d’ARN simples brins (monocaténaires) à polarité négative (c’est à dire dont l’ordre des bases codant pour une protéine est inverse de leur ordre sur l’ADN correspondant, ils sont également qualifiés d’antisens).

Étant composés d’ARN, donc d’un seul brin, ils sont fortement sujets aux mutations ou aux réarrangements génétiques, ce qui entraîne qu’il peuvent subitement devenir capables d’infecter d’autres espèces,  de changer leur contagiosité (c’est-à-dire de changer leur potentiel de transmission d’une maladie d’individu à individu) ou leur pathogénicité (sa capacité à provoquer une maladie chez un organisme hôte).

Schématiquement, il est possible de représenter l’influenzavirus A comme une sphère hérissée de pointes. La sphère renferme 8 brins d’ARN monocaténaires joints à un ensemble de protéines (B1, PB2, PA, NP et NEP). Les parois de la sphère sont – de l’intérieur vers l’extérieur – composées d’une couche de protéines virales (M1) recouverte par deux  couches de lipides empruntés à l’hôte. Piquées dans les couches lipidiques, les « pointes » sont constituées  par des hémagglutinines (HA) et des neuraminidases(NA). Les trois couches de cette  sphère sont  traversées par des protéines (M2) qui constituent des ponts ioniques et sont la cible privilégiée des premiers médicaments antiviraux adamantiques (amantadine …).

Les 18 hémagglutinines et les 11 neuraminidases susceptibles de se retrouver à la surface du virion permettent 198 combinaisons identifiées de H1N1 à H18N11, soit 198 sous-types potentiels différents d’influenzavirus, chacun avec des hôtes spécifiques et leur contagiosité et pathogénicité propre.

Comme cela est trop simple et qu’il y a de multiples mutations ou réarrangements,  le matériel génétique et/ou les « pointes » peuvent varier. Il y a – par exemple – au sein des virus présentant une même HA  dérivant d’un même ancêtre commun, un « clade »,  c’est à dire des virus dérivants d’un ancêtre commun identifiable et spécifique (phylogénie). Ces clades  permettent aux scientifiques d’identifier des origines communes à certains virus (par exemple de dire qu’un virus identifié en France est identique – ou non – à un autre identifié antérieurement dans un autre coin du monde).

En fonction de leur pathogénicité pour les poules, les différents influenzavirus sont classés en :

  • AILP – faiblement pathogènes
  • AIHP – hautement pathogènesLes virus actuellement en circulation en Europe et en Chine sont classés :
  • pour le H5N8:  hautement pathogène bien qu’il pourrait également circuler une souche faiblement pathogène;
  • pour le H5N6 : hautement pathogène;
  • pour le H7N9 : hautement pathogène.